Interview. Olivier Lehmuller, journaliste à Chérie Tarn

Bonjour à toutes et à tous !

Vous connaissez l’arroseur arrosé ?

Aujourd’hui je vous propose le journaliste interviewé

Il y a 3 ans dans le cadre de mon DUT j’ai effectué un stage à Chérie FM Tarn, à Castres (81).

J’ai gardé de bons contacts* avec le journaliste et quand je lui ai demandé si il voulait bien répondre à quelques questions il a accepté.

Voici ses réponses:

* : Je me permet de le tutoyer dans mes questions car, comme dit plus haut, c’est un ami.

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La Plume à Bill : Bonjour Olivier

Olivier Lehmuller: Bonjour

Pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Olivier Lehmuller, j’ai 31 ans, je suis journaliste chez Chérie Tarn depuis 7 ans maintenant.
Avant ça j’ai fait des études de Droit à Toulouse. Après un BAC ES. J’ai eu une licence en 5 ans…donc j’ai profité de la vie toulousaine (rires)…Mais j’ai quand même eu ma licence !
Pendant que je faisais mes études de Droit j’avais un job alimentaire. Je travaillais dans une radio qui s’appelle Le Mouv’ à l’époque. J’étais standardiste. C’est ce qui m’a fait découvrir la radio, même si j’étais déjà passionné de ce média. Puis j’ai rencontré des gens qui m’ont parlé d’une école de radio à Paris : le Studio Ecole de France. J’ai donc décidé de tout lâcher et de partir dans cette école. Le droit c’était terminé.
A l’origine je ne savais pas ce que je voulais faire en radio : journaliste, animateur, le ménage dans les locaux…(rires)
On avait un cursus sur trois mois ou on faisait un peu de tout et j’ai décidé de faire du journalisme. Transmettre l’information aux gens c’est quelque chose qui m’a parlé très rapidement. Au final deux ans après l’école j’ai eu un job directement. 1er entretien et 1er job. Et je suis directement revenu au pays. Ou presque ! Parce que je suis originaire de Carcassonne dans l’Aude, mais ce n’est vraiment pas loin de Castres. Et ça fait maintenant presque 7 ans que je présente les infos et que je fais des reportages pour Chérie Tarn.

Comment es-tu arrivé à Castres ?

Durant l’entretien que j’ai passé avec le rédacteur en chef de l’époque de Chérie FM, il y avait plusieurs villes qui étaient disponibles, j’avais un peu « le choix » mais j’ai dit à celui qui allait devenir mon chef, que j’avais de la famille qui habitait Castres… Lorsqu’il m’a rappelé pour me dire que j’étais embauché, il m’a dit « Puisque tu as de la famille, des racines là-bas, on te prend pour Castres ». Je dois avouer aujourd’hui que cela n’aurait pas été mon premier choix. Je voulais découvrir d’autres horizons. 

Tu es bien ici malgré tout ?

Maintenant Oui mais j’ai eu du mal au début il faut l’admettre.

C’était quoi le plus dur ?

Beaucoup de choses on été compliquées. Je venais de Paris, j’avais fait 2 ans d’études dans la Capitale. Et je m’y suis régalé. Globalement les tarnais détestent Paris. Moi, je m’y suis régalé. C’est là où j’ai vraiment vécu ma vie étudiante. Et en même temps, c’est là où j’ai commencé à m’épanouir scolairement et professionnellement. J’étais surveillant dans un ensemble soclaire le matin (les Francs Bourgeois près de Bastille), j’avais les cours l’après midi au Studio Ecole de France et le soir j’allais en stage dans des radios à droite à gauche. Donc je me levais à 6 heures et je finissais à 1h du matin et ça pendant 2 ans. C’était fatiguant mais en même temps hyper épanouissant. Parce que j’étais dans plusieurs secteurs, je voyais plein de choses différentes et surtout j’aimais tout ce que je faisais. Mon métier de surveillant autant que ma vie dans le milieu de la radio. 

Du coup, quand je suis arrivé ici…j’ai eu un contre-coup qui a duré un petit moment…

Déjà pour commencer quand on me montrait une « Avenue » à Castres, cela correspondait à ce qu’ils appelaient un « chemin sans issue » à Paris…J’exagère volontairement mais c’est la sensation que ça me donnait. Le nom donné à certaines choses me paraissait démesuré par rapport à la réalité. Pourtant j’avais passé le plus clair de ma vie dans une petite ville similaire à Castres…Avec le recul, je pense que j’avais pris un peu ce que certains appellent « l’esprit parisien » pour parler d’une sorte de prétention. Il faut savoir se remettre en question donc je l’assume !

Dans le Tarn, les gens sont attachants mais au bout d’un certain temps. Au premier abord quand tu n’es pas d’ici ils sont plutôt froid. C’est comme ça que je l’ai vécu et j’ai eu un peu de mal par rapport à ça.
Et concernant le travail, « Chérie » n’est pas la radio référence ici dans le Tarn donc quand je me suis présenté aux gens, ils m’ont tous accueilli bien sûr, souvent avec sympathie, mais je sentais qu’il y avait un frein. qu’on ne m’ouvrait pas les portes facilement.
Donc ça a été compliqué et ça pendant au moins 2 ans.

Ensuite, je l’admets, personnellement je m’étais dit ‘Tu vas faire 6 mois ici, tu vas repartir ailleurs assez rapidement’. J’avais une ambition qui peut paraître démesurée aujourd’hui, je me voyais vite grimper en terme de carrière. Il a fallu que je redescende sur terre (rires). Mais voilà, cela explique pourquoi je ne me suis pas beaucoup investi dans l’aspect « réseau » de mon métier. Côté antenne et reportage, oui, mais le réseau, à droite, à gauche, essayer de créer des liens avec des gens pour qu’on m’ouvre plus facilement les portes justement, pour avoir des infos plus facilement…ça je l’avais un peu laissé de côté. C’est quelque chose que j’ai vraiment cherché à améliorer depuis 2 ans maintenant.
Boire un café avec des contacts, un resto… ce sont des choses utiles dans notre métier. Être isolé quand tu es journaliste, ce n’est jamais une bonne chose. On me l’avait appris à l’école en plus, un journaliste de terrain c’est quelqu’un qui est toujours au contact des gens, qui fait fonctionner son réseau et qui le « travaille »… ça fait partie du métier et c’est même une grande partie du métier, aujourd’hui.

Donc pour toutes ces raisons, ça a été compliqué les premiers temps dans le Tarn et à Castres particulièrement où je dirais que l’ambiance est « différente », peut être plus fermée qu’Albi par exemple.
Maintenant ça va mieux ?

C’est rodé oui !

Les avantages à être journaliste, à Chérie et en général ?

Un journaliste qu’est-ce que c’est ? C’est donner de l’information aux gens. Leur permettre d’avoir les clés pour comprendre ce qu’il se passe autour d’eux. Rien que ça c’est un avantage incroyable : se sentir utile aux autres.

Mais si je comprends bien le sens de ta question, tu veux me parler de choses plus matérielles…(rires).

Un journaliste c’est quelqu’un qui va parler d’événements, donc on va beaucoup le solliciter. D’autant plus quand tu es un grand média. On va le solliciter pour parler des événements culturels et sportifs par exemple et en contrepartie, tu as accès aux événements en question. Les festivals, les spectacles, les tournois, les compétitions…tout ça c’est accessible facilement. Il suffit bien souvent de s’accréditer car il faut quand même qu’il y ait une démarche professionnelle. C’est pas juste pour le plaisir, même si bien souvent, on ne va pas se mentir, le plaisir est là ! Mais à l’inverse, il ne faut pas se mentir non plus, il peut t’arriver de « couvrir » des événements qui ne t’enchantent pas plus que ça.  

Tu as aussi accès à des gens qui peuvent parfois être difficiles d’accès pour beaucoup d’autres. Des artistes, des politiques, des sportifs…. Puis côté avantages, on est obligé de parler des avantages financiers. Les journalistes ayant une carte de presse profitent de 7650€ d’abattement fiscal sur les impôts. C’est peut être les dernières années qu’on va en profiter car des sénateurs sont en train de s’attaquer à cet avantage fiscal petit à petit mais à ce jour, sur les impôts, ont déduit de nos revenus 7650€. Il faut aussi savoir que la carte de presse nous permet de rentrer dans les musées gratuitement. Toujours pareils parce que les musées attendent en retour un article, un commentaire, quelque chose qui fasse parler d’eux. Avec la carte de presse Disneyland nous offre une place gratuite chaque année, il y a pleins de choses comme ça, pleins d’accès.  

Après il faut bien préciser que le métier de journaliste ce n’est pas faire de la pub. On ne fait pas de la pub. J’y tiens. Il y a des commerciaux pour ça. Et il y a des gens qui ont un peu de mal avec ce concept. Il faut parfois leur rappeler qu’on a une indépendance et une déontologie.
Je me rappelle notamment que quand j’ai fait une étape du tour de France dans une voiture de la caravane publicitaire pour la marque St Michel, « les madeleines St Michel » et il a fallu que je leur explique longtemps que je ne citerai pas la marque  dans le reportage que j’allais faire car il s’agissait de faire un sujet sur des hôtes et hôtesses de la caravane publicitaire, pas de faire un sujet sur la marque elle même. Et « St Michel » attendait que je leur fasse de la pub de manière détournée. Donc la discussion a été un peu froide mais je n’ai pas plié.

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Il faut savoir que nous, en radio, on n’est pas soumis aux mêmes règles que la presse écrite par exemple. Pendant les élections ils peuvent donner la parole à qui ils veulent sans réfléchir à si ils ont donné la parole à l’un ou à l’autre. Nous il faut vraiment compter les secondes, les temps de paroles, etc… Quand on parle d’alcool, il faut qu’on dise ‘à consommer avec modération (photo)’ donc on est soumis à des contraintes plus importantes que la presse écrite et je ne parle même pas du web. 
Le métier de journaliste c’est encore, dans la vision des gens, un métier de »pouvoir » parce qu’on peut apporter de la notoriété via nos reportages, et à l’inverse on peut nuire. C’est vrai en soi, même si ça l’est de moins en moins. Le pouvoir du journaliste est très relatif.

Le plus gros inconvénient ?

Le plus gros inconvénient aujourd’hui… c’est l’image du journaliste.

C’est compliqué l’image qu’on a aujourd’hui. D’ailleurs je n’arrête pas de m’insurger sur Facebook en ce moment. C’est compliqué d’être journaliste de nos jours, il y a tellement de gens qui sont dans la théorie du complot, qui considèrent qu’on est soumis totalement au pouvoir, peu importe le pouvoir d’ailleurs. Qu’on soit sous Hollande ou sous Macron, les journalistes sont tous « vendus »….Sous Sarkozy c’était pareil et si un jour Mélenchon ou Le Pen obtiennent la Présidence, ce sera la même chose…allez chercher la cohérence… 

Donc c’est compliqué aujourd’hui. Les gens ont besoin de nous, ils ont besoin d’être informé, mais à côté de ça ils ne nous font pas confiance. Donc il y a un peu ce paradoxe. Et ça se ressent, au quotidien, même en presse locale. Parfois quand je vais sur le terrain, on se fait interpeller là dessus, notamment avec les gilets jaunes en ce moment ou sur les gros événements sociaux. Parfois on est face à des gens très agressifs avec nous parce qu’ils considèrent que l’on relate mal les faits, alors qu’on ne fait que relater les faits justement, sans prendre parti. 

Et dans ton métier spécifiquement ?

Dans mon métier, le plus gros inconvénient ce sont les horaires. Le fait de se lever à 4h du matin, même si je finis plus tôt mes journées. C’est usant sur le long terme. Et je dirais même que les horaires c’est une contrainte qui revient dans le journalisme en général. Il ne faut pas compter ses heures. Il ne faut pas avoir peur de bosser le soir jusqu’à 22h pour ceux qui font de la presse écrite qui vont couvrir les conseils municipaux par exemple. Et en radio il ne faut pas avoir peur de se lever le matin…tôt.

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Olivier le samedi matin

Ton meilleur souvenir ?

Tu aurais du me demander ça avant que je réfléchisse un peu (rire et longue hésitation)

Ou un de tes meilleurs souvenirs, un moment marquant ?

(hésitation) Il y a un moment qui m’a marqué. Ce n’est pas mon meilleur souvenir…Tu vas me demander mon plus mauvais souvenir après ?

Oui, commence à réfléchir (rire)

(mon meilleur souvenir ndlr) Ce n’est pas un truc précis, c’est un projet que j’ai fait. Tout au long de l’année dernière j’ai fait toute une série de portraits d’élus. C’est quelque chose que j’ai initié, que personne d’autre n’a fait sur le réseau « Chérie », à ma connaissance. C’est une espèce de saga que je diffusais chaque mois sur deux matinales parce qu’il y avait du contenu. Je partais du constat qu’il y avait pas mal de nouveaux élus en 2017 avec les législatives donc l’idée c’était de faire connaissance avec les nouveaux élus. Puis après j’ai élargi aux élus  »principaux » du département. Donc un portrait par mois. Et ça m’a vachement permis de comprendre ce qu’était leurs fonctions, leurs valeurs parce que je pense pouvoir dire qu’ils m’ont tous répondu avec franchise sans trop d’éléments de langage. Il y en a eu un peu bien sûr mais assez peu. Et ça m’a permis justement de distinguer, qui était dans l’élément de langage et qui était plus naturel. Et puis aussi, comme je disais tout à l’heure, les médias sont mal vu en ce moment, et il faut bien l’admettre…les élus c’est pareil. J’avais peut-être moi même tendance à penser avant cette série de portraits : « les élus tous les mêmes, tous avides de pouvoir ». Et en fait on est très loin de tout ça. Le plus souvent, les élus, surtout les élus locaux veulent réellement se battre pour ce qu’ils pensent, leurs valeurs. Ils ne sont pas là pour leur intérêt personnel. D’ailleurs je pense qu’ils ne feraient pas de politique juste pour servir leurs intérêts personnels parce que à mon avis il y a beaucoup plus d’inconvénients à être élu aujourd’hui que d’avantages. 

Donc cette série de portraits d’élus c’est un bon souvenir parce que c’est un travail que j’ai apprécié faire. J’ai fais de belles rencontres. Il y a, et je n’ai pas peur de le dire, des élus avec qui je me suis très bien entendu et qui sont devenus des amis presque aujourd’hui.  D’autres qui m’ont surpris parce qu’ils étaient loin des clichés qu’on veut bien associer à leur étiquette politique généralement. Donc voilà c’est quelque chose que j’ai réellement apprécier faire et qui humainement était enrichissant. Et cette saison je fais le même genre de portraits, mais au lieu de m’intéresser aux élus, je m’intéresse aux dirigeants, directeurs, responsables de structures, entreprises, associations ou autres. C’est tout aussi enrichissant et passionnant.

Et le moins bon souvenir ?

Le moins bon souvenir globalement c’est le dossier Sivens. Quand tu arrives sur le site du barrage controversé et que des zadistes te demandent ta carte d’identité..des personnes masquées avec des cagoules qui te menacent derrière en disant « on va écouter ce que vous avez fait et si c’est pas bien on reviendra vous voir ». Voilà. ça c’est un mauvais souvenir.
Et puis il y a une fois ou j’ai été bloqué dans le palais de justice d’Albi parce que des manifestants, des Zadistes de Sivens étaient en train d’envoyer des pavés sur le palais de justice, et donc on a été confiné pendant quelques heures, obligé de sortir par une porte de derrière etc…il y avait des fumigènes…Une scène qu’on ne s’attend pas à vivre quand on est journaliste en local dans un département comme le Tarn. Et pourtant ! On est bien loin de ce qu’il se passe en Irak ou en Syrie mais on a nos petits moments de tension dans le Tarn qui ne font pas sourire ! Sur le moment on n’a pas peur mais on se dit que c’est fou qu’il puisse se passer de telles choses pour des dossiers qui pourraient trouver des solutions dans le dialogue.
Donc voilà, toute la période Sivens ce n’est pas un très bon souvenir. D’ailleurs j’ai arrêté au bout d’un moment de me rendre sur le site du barrage. J’en parlais toujours parce que c’était l’actualité du moment mais je n’allais plus voir les manifestants sur le terrain.

Est-ce que tu as déjà eu un fou-rire à l’antenne ?

Oui mais alors pourquoi je ne sais plus…(rires). J’en ai eu un une fois…c’était à l’époque où j’ai rencontré ma femme. Plutôt que d’une brume matinale j’ai parlé d’une brune à l’antenne (rires). Cette saison là on était deux à faire le morning en local avec l’animateur et donc forcement il à relevé la bêtise et on a rigolé là-dessus. Mais après j’en ai eu d’autres des fou-rire et j’en ai pleins tout seul parfois aussi (rires). Pas plus tard qu’hier je me suis amusé à chanter, en direct à l’antenne, sur la chanson du championnat du monde du pull moche chantée par « Mouche ». Je pense que ce n’est pas ce que les gens ont l’habitude d’entendre pendant les flashs infos (rires). A l’inverse il y a des moments d’émotions aussi.

J’allais y venir, vas-y…

Les attentats, c’était bien évidemment hyper émouvant. Surtout qu’entre 2015 et 2017 c’était régulier. On a fait des flashs spéciaux assez de nombreuses fois. Je pense que ça a touché tout le monde en France et dans le monde aussi mais quand tu es obligé d’ annoncer aux gens ce qu’il s’est passé, c’est glaçant…surtout que parfois on était vraiment  »en live », c’est à dire qu’il se passait des actes terribles pendant qu’on était à l’antenne. Donc ça c’est des moments où t’as la gorge serrée à l’antenne. Ce n’est pas évident. Et puis tu as d’autres moments d’émotion. Quand Nelson Mandela est mort. Ce grand homme que j’ai vu une fois une fois dans ma vie même si je ne l’ai pas connu personnellement. C’est quelqu’un dont le message avait de l’importance pour moi. Et forcément annoncer sa mort ça ne laisse pas indifférent, surtout dans le monde actuel où la voix d’un tel Monsieur va manquer.  Il y a eu aussi d’autres moments que je n’oublierai pas…mais c’était avant Chérie Tarn…par exemple des journalistes que j’ai connu qui ont été enlevés pendant l’exercice de leurs fonctions… 

La mort de Thierry Gilardi, aussi.. un journaliste que j’estimais beaucoup….annoncer ça à l’antenne c’est toujours des moments..particuliers. Puis plus récemment les inondations aussi. Parce que j’ai été touché  personnellement on va dire. En fait c’est ma mère qui a été touchée. Elle vit dans un village où il y a eu des morts. Donc.. la aussi, quand tu parles de ton village à l’antenne, que tu sais que ta mère a une partie de la maison inondée, que tu annonces qu’il y a eu des victimes, que tu ne sais pas au moment où tu les annonces si tu les connais… Tout ça c’est des moments compliqués. 

Tu as des modèles ? Des journalistes auxquels tu aimerais ressembler ?

J’aime beaucoup, dans le style de présentation, j’aime beaucoup Laurent Delahousse. Dans le style de présentation seulement.

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Pas le style capillaire ?

Euh.. ça ça ne me dérange pas (rires)
En revanche, je n’aime pas son coté people. Alors là où on se ressemble c’est qu’il aime le cinéma, la culture en général, il aime bien faire des portraits, des interviews des gens et c’est vrai qu’il a un peu un côté groupie de temps en temps. Quand il reçoit par exemple Robert DeNiro, il oublie un peu le coté journaliste et il se met à la place du fan avec les yeux qui brillent. Donc, j’aime bien sa façon de parler, les mots qu’il emploie, la gestuelle qu’il a, etc mais après il ne prend pas assez de distance avec ses sujets selon moi. 
Sinon j’adore Denis Brognart.

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C’est peut-être le journaliste/animateur que j’aime le plus aujourd’hui.

Koh-Lanta ?

Oui mais même quand il fait le foot ou le sport auto. Je le trouve bon et je trouve qu’il parle toujours très bien. Il a un vocabulaire incroyable, il ne bafouille jamais. Je le suis sur Instagram, il a un vocabulaire, c’est un poète Denis Brognart ! Et toujours en « one-shot » quand il parle. Il n’y a pas un moment où tu le sens hésiter sur des mots, où tu le sens réfléchir…ça coule de source ! Et pour ça je l’admire ! Et puis dans le style aussi, j’adore. Le style percutant, concis et lettré. C’est vraiment quelqu’un que j’aime bien et avec qui j’aimerai un jour travailler. Après dans les médias…il y a des gens que j’aime pas mais c’est un autre sujet…

Je veux des noms !

Patrick Cohen par exemple…

L’homme qui a des listes de personnalités à ne pas inviter dans ses émissions car ils ne veut pas leur donner de tribune…C’est tout l’inverse de la vision que j’ai du journalisme. Déjà je pense que tout le monde a le droit de s’exprimer et ensuite je pense que c’est dans le débat que l’on peut combattre des idées, même les plus dangereuses. Donc pour moi il fait fausse route, et j’irais même plus loin, il ne fait pas honneur à son métier. On peut faire du journalisme d’opinion, prendre position mais on le fait en permettant à ceux que l’on critique de pouvoir répondre. C’est pour moi un pilier de notre métier.

Sinon j’aime bien Thomas Sotto mais le plus gros problème pour moi c’est qu’il n’a pas trop de personnalité. C’est un très bon journaliste. Il est très propre en fait mais quand tu fais de la radio, notamment sur des grands médias, on te demande en plus d’avoir un côté « Bourdin ». Il faut que les gens se rappelle de toi. Et lui il est un peu lisse. Mais après il est très bon. C’est sûrement peut-être le meilleur de tous parce que à mon avis c’est celui qui fait le mieux le métier de journaliste. Il est objectif, il faudrait peut-être qu’il sorte des sentiers battus parfois.

THOMAS SOTTO
Puis il aime bien le tennis lui aussi, donc ça vous fait un point commun…

Voilà !

Justement ! En parlant de tennis, quelles sont tes passions en dehors de la radio ?


Eh bien… le tennis. Comme tu le sais je suis président d’un club de tennis à Castres.

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Je suis aussi dans une autre association de tennis mais qui regroupe plusieurs clubs. Cette vie associative dans le sport ça m’est tombé dessus un peu par hasard et…j’aime bien. Le monde du bénévolat c’est un milieu un peu particulier. Tu te rends compte que dans certaines strates il y en a beaucoup qui sont à la retraite et qui ont une vision un peu passéiste du sport (rires) et parfois quand tu essayes d’imposer ta vision de « jeune » on te regarde avec des gros yeux l’air de dire  »tu reviendras dans quelques temps ». Mais sinon c’est intéressant, il y a un vrai challenge à relever. Surtout que le tennis en ce moment ce n’est pas un sport en vogue, on est quand même en train de se battre au quotidien pour ramener du monde dans nos clubs.
Après j’adore le cinéma. C’est malheureusement une passion que j’ai délaissé un peu depuis que je suis journaliste.

Pourquoi ? 

À cause des horaires tout simplement. Pas le temps d’aller au cinéma. Après j’ai ma vie de famille aussi. J’ai un petit et je ne te cache pas que le soir..c’est pas trop le moment de se faire une toile. Donc je suis passé en mode Netflix maintenant. Mais c’est quelque chose qui me manque beaucoup. Tu m’aurais posé la question: quel est le paysage que tu préfères ? Je t’aurais dit: une salle de cinéma. (rires) Clairement. Ca me manque beaucoup. J’y allais 4 à 5 fois par semaine à une époque. Maintenant je n’y vais presque plus. 

Rupture difficile

Ouais. J’ai encore espoir un jour de travailler dans le journalisme ciné. Mais bon…pour l’instant.
Une autre passion que j’ai c’est l’Histoire… Je lis beaucoup de livres historiques. Je fais beaucoup de sujets liés à l’Histoire. Là on a eu les commémorations du 11 novembre 1918, on a eu les 70 ans du cinéma du Lido de Castres. J’ai fait des reportages sur la guerre d’Algérie, l’archéologie, la 2nde guerre mondiale etc…Moi ça m’intéresse. De replonger un peu dans le passé. De voir ce qu’était la vie avant. Je trouve ça passionnant.

Justement, on parle de la vie d’avant. Le futur, c’est quoi ?

Le futur..pour moi ? Ou pour l’humanité ?

L’humanité c’est pas gagné…(rire) On va dire pour toi, soyons un peu optimiste.

Pour moi..le futur..je ne sais pas.. (rire). J’ai des envies mais cela reste pour l’instant dans un coin de ma tête 😉

Merci. Un dernier mot ?

Euh…C’est tout pour moi.

Ah et merci à toi !!

Interview réalisée le vendredi 30 novembre 2018 à 10h au studio Chérie Tarn

Ali

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2 réflexions sur “Interview. Olivier Lehmuller, journaliste à Chérie Tarn

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